Le jeûne a-t-il un intérêt médical ?

La pratique du jeûne est une tradition dans de nombreuses religions. La durée du jeune est souvent de courte durée et dont sont exclus les jeunes enfants, les malades, les femmes enceintes. Diverses formules de jeûne légitimées par des études expérimentales ont connu récemment un certain succès auprès du grand public.

Cette tradition est aussi le fruit de notre capacité à nous adapter à ces périodes de restriction alimentaire [1]. Les réserves du glucide étant rapidement épuisées et les réserves des lipidiques sont lentement mises en jeu, l’organisme va donc dans un premier temps consommer les réserves protéiques pour répondre à ces besoins énergétiques, après c’est le tour du tissu adipeux qui représente la principale source de glucose, via la néoglucogenèse, pour le cerveau et les autres tissus dépendant du glucose. La masse protéique musculaire reste mise en jeu mais de façon moins importante.

Plusieurs études récentes ont prouvé que le jeûne entraine une diminution du stress oxydatif et de l’inflammation, augmente la sensibilité à l’insuline, accroit la protection et la résistance cellulaire, et modifie la régulation hormonale du métabolisme cellulaire. Le jeûne permet encore de ralentir le vieillissement cellulaire et limiter les processus inflammatoires et réduire le risque de certaines pathologies (cardiovasculaires, cancers…).

Le jeûne a des effets très intéressants dans la prévention et le traitement thérapeutique. On distingue trois types de jeûne [2] : intermittent, la restriction calorique et le régime cétogène.

Le jeûne intermittent (Intermittent fasting) : consiste à effectuer une restriction calorique complète durant une certaine période habituellement de 24 à 72 heures. Aucun supplément alimentaire (vitamines, éléments-trace…) n’est habituellement autorisé, seule l’eau est permise, on appelle aussi cela un jeûne hydrique (à l’eau).

La restriction calorique : est une réduction significative des apports énergétiques, mais aussi protéiques, pendant plusieurs jours consécutifs durant une certaine période de cinq à sept jours. Les apports caloriques sont habituellement réduits de 20 à 40 %. Cette restriction peut être équilibrée sur tous les macronutriments (glucides, lipides, protéines). Aucun supplément alimentaire (vitamines, protéines…) n’est habituellement autorisé.

La restriction glucidique ou régime cétogène (ketogneic diet) est un régime à haute teneur en gras et très faible en glucides. L’apport calorique total est normal et les lipides en représentent 80–90 % (glucides < 5 %). La durée de cette restriction doit dépasser sept à dix jours.

 

 

Références

[1] Beaufrère B, Leverve X. Physiologie du jeûne. In: Leverve X, Cosnes J, Erny P, Hasselmann M, editors. Traité de nutrition artificielle de l’adulte. Mariette Guena, eds; 1998. p. 315–28.

[2] Bruno Raynard, « Le jeûne thérapeutique en cancérologie : mode ou réalité ? », Nutrition clinique et métabolisme 29 (2015) 132–135.

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